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Les stratégies, les techniques et les outils pour la création variétale

 « Les stratégies, les techniques et les outils pour la création variétale ». 26 et 27 avril 2018

Deux demi-journées superbement organisées par Guillaume PETIT-BLANC, chargé de communication au GNIS sud-ouest ont rassemblées vingt APBGistes des régionales de Montpellier et Toulouse. Un déjeuner convivial offert par le GNIS a permis aux participants de faire connaissance avant de se diriger vers notre premier lieu de visites, l’entreprise BARENBRUG située à Mas-Grenier en Tarn-et-Garonne. Ce groupe hollandais, créé en 1904 est spécialisé dans les semences de gazons et plantes fourragères. D’abord entreprise familiale, ses différentes filiales sont aujourd’hui situées sur les cinq continents et travaillent sur les graminées à tous les niveaux de la filière : la création variétale, la production des semences et la commercialisation des produits. Le site de Mas-Grenier, avec ses 51 hectares de champs d’essais, est l’une des deux stations de recherche situées en France. La présentation en salle, de l’entreprise et de ses activités de recherche, s’est poursuivie à l’extérieur par la découverte des essais sur parcelles. Plusieurs dizaines de variétés de gazons et fourragères y sont créées chaque année au terme d’années de travail méthodique et rigoureux puisqu’il faut près de quinze ans depuis la sélection jusqu’à la mise sur le marché d’une nouvelle variété, en passant par l’inscription au catalogue officiel des semences. Les recherches sur les différentes espèces : fétuque, trèfle, luzerne, dactyle, ray-grass, sont faites en réponse aux besoins des éleveurs pour des semences de graminées et légumineuses fourragères, qui sont : résistance aux maladies, valeur alimentaire, rusticité, pérennité, production, appétence, digestibilité par le bétail. Pour la création de variétés à gazon de nombreux tests sont réalisés, portant sur la résistance au stress, aux maladies, à la sècheresse ou à l’excès d’eau, au piétinement. L’ensemble des travaux est réalisé dans le respect des règles de production, en intégrant les problèmes d’environnement et sans aucune utilisation de semences OGM.

 

Les visites de la seconde journée ont eu lieu à Mondonville, à la station de recherche regroupant sur un même site les entreprises Biogemma, Soltis et Euralis. Les visites de laboratoires et de serres ont complété les présentations en salle des différents groupes. Biogemma qui compte 82 chercheurs et des collaborateurs dans différents pays a pour objectif d’apporter de la variabilité génétique pour l’amélioration variétale des espèces. En ce sens, les activités biotechnologiques du groupe sont orientées vers la recherche d’allèles favorables pour la sélection et de gènes d’intérêt pour la transgénèse. Alors que le site de Clermont-Ferrand travaille sur les céréales, blé et maïs, le site e Mondonville qui emploie 19 chercheurs et de nombreux stagiaires et étudiants, axe ses recherches sur la génétique et la génomique des oléagineux, tournesol et colza. Les cibles de recherche sont là aussi données par les agriculteurs : stabilité des rendements, résistances aux maladies, à la sècheresse, au stress, aux insectes, qualité et digestibilité. Si les activités liées à la recherche sont effectuées sur place, en laboratoires et dans des serres, les expérimentations en champs mal perçues dans notre pays, se font aux États-Unis et en Amérique du sud. Le pôle de recherche est divisé en 4 plates-formes : ressources génétiques – génomique – phénotypage – transgénèse. Soltis, société de recherche indépendante qui regroupe deux actionnaires, Euralis et Limagrain, emploie plus de 45 chercheurs sur 5 sites en Europe, dont 25 à Mondonville et travaille sur le tournesol qui est utilisé pour la production d’huile destinée à l’alimentation humaine et de tourteaux pour l’alimentation animale. La culture de cette oléagineuse essentiellement dans le sud de l’Europe et en Russie et Ukraine est peu compétitive par rapport aux céréales. L’agriculteur doit faire face à des problèmes spécifiques comme la pollinisation par les abeilles et bourdons, la destruction des graines en germination par les oiseaux, le parasitage par l’orobanche ou encore le stress hydrique. Les recherches s’effectuent à la fois sur des variétés conventionnelles et les variétés résistantes aux herbicides, mais aussi par type d’huile produite, linoléique ou oléique, et ont pour objectif d’améliorer la stabilité des rendements, la teneur en huile, la précocité, les résistances aux maladies, à l’orobanche et à la verse. La création de nouvelles variétés implique l’application d’un protocole rigoureux avec l’amélioration des collections parentales, la création d’hybrides, l’étude du phénotype des plants obtenus qui sera suivi selon l’intérêt de l’inscription au catalogue de la nouvelle variété et de sa commercialisation. Sur ce site, Euralis travaille aussi sur le colza dont le marché progresse notamment du fait de son utilisation dans les biocarburants. Les programmes d’amélioration visant à créer des hybrides à partir de deux pools génétiques mâle et femelle utilisent des techniques de pointe comme les marqueurs moléculaires pour faire de la sélection génomique. Et c’est de nouveau au restaurant où nous étions très cordialement invités par le GNIS que s’est achevé ce programme de visites très enrichissant qui nous a permis de découvrir et mieux comprendre des techniques, des chercheurs et plus largement un univers assez mal connu. Un grand merci à Guillaume PETIT-BLANC, Myriam DOUMERC et Baptiste MALHET du GNIS.